Dès 2014, le groupement peinture carrosserie du Sipev (Syndicat des Industries des Peintures, Enduits et Vernis) lançait son Livre Vert du Poste Peinture, pour « généraliser une gestion éco-responsable de la réparation-carrosserie », illustration de l’engagement de la filière dans cette démarche. Au départ, nées de contraintes réglementaires, les pratiques écologiques sont de plus en plus appliquées par les carrossiers, considère Laurent Fourcade, président de la branche Mobilité Réparation et Services de la FFC : « Aujourd’hui, ces usages sont intégrés dans le quotidien du métier : tri des déchets, luminaires à LED, chauffage électrique et non au gaz… ». Benoît Mayet, coach après-vente au sein du cabinet LBS confirme : « L’éco-responsabilité est devenue du bon sens. Les professionnels séparent les liquides de refroidissement, l’huile, etc., ce qui n’était pas fait il y a une vingtaine d’années… ».
Un manque de formation
Les efforts se jouent aussi au niveau du matériel en place, notamment sur la cabine de peinture, « la source la plusénergivore de l’atelier », déclare Benoit Mayet. Raison pour laquelle le fabricant Omia a développé un pack Eco pour une gestion automatique de la ventilation. Pour autant, il existe encore « une méconnaissance et un manque de formation » des utilisateurs sur ces enjeux écologiques, juge Romain Meunier, directeur commercial d’Omia: « La majorité de nos clients utilisent mal leur cabine : ils chauffent trop fort, la mettent en route alors qu’ils ne l’utilisent pas… » Pour réduire le temps de chauffage, les ateliers évoluent également avec certaines innovations comme « la peinture à l’azote ou les vernis à séchage rapide », note Laurent Fourcade. Afin de répondre à l’ensemble des enjeux RSE, le réseau Five Star a choisi, aidé par Calix Conseil, de construire son propre référentiel RSE, reposant sur quatre volets (Gouvernance, Environnement, Social et Qualité) : « Nous allons aider les carrossiers qui veulent moderniser leurs bâtiments, installer des bornes électriques, changer leurs sources d’énergie… », stipule Jean-François Grimaldi, directeur des opérations Five Star France.
Se projeter sur la durabilité
Dans une logique d’économie circulaire, les carrossiers privilégient également la réparation au remplacement des pièces, « mais si on ne dispose pas d’assez d’heures pour le faire, on va préférer changer la pièce parce qu’on va gagner du temps », indique Laurent Fourcade.
La question économique demeure en effet centrale : « Les transformations à venir du métier ont un coût et cela aura inévitablement un impact pour les assureurs », poursuit-il. Malgré ces écueils, une dynamique environnementale et sociétale devrait s’affirmer dans les dix prochaines années, selon lui : « Les ateliers vont faire en sorte de s’équiper davantage, même si cela coûte plus cher, pour que cette dimension RSE soit davantage mise en avant ». Pour Romain Meunier, s’il existe encore une réticence à investir dans des solutions plus éco-responsables, le retour sur investissement est pourtant assuré : « Les entreprises ont parfois une vision à court terme sans se projeter sur la durabilité. Nous voulons montrer qu’on peut respecter l’environnement en dépensant moins d’argent ».
Article de Charlotte Cousin paru dans Profession Carrossier N° 114



